Contrôle direct de l’action publique par les populations Le déclic !

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Ce vendredi, la plateforme Nio Lank a réussi le pari de la mobilisation lors de la marche organisée pour protester contre l’augmentation du prix de l’électricité et réclamer la libération de Guy Marius Sagna et Cie .

Les populations, dont des personnes âgées, sont sorties en masse, entre autres, parce qu’ici, ce sont les portefeuilles qui seront directement visés et que des scandales à répétition émaillent une gestion qui se voulait ‘’sobre  et vertueuse’’.

Un signal fort qui signifie que 2020, comme le prédisait le Président de la République, ne sera pas seulement dur pour les populations, mais également pour les tenants du régime en place.

En effet, les Sénégalais semblent avoir eu le déclic qui leur manquait. Cet élément catalyseur qui permet de fédérer et d’impulser. Ici, non seulement toute la Société civile va continuer à faire face, mais les politiques ne pourront plus se dérober au risque de s’inscrire dans une dynamique de marginalisation par rapport à leurs propres militants et potentiels électeurs.

La Société civile, surtout des activistes comme Guy Marius Sagna, ont eu le génie de sortir les populations de leur torpeur et les politiques de leur désengagement sur le terrain. Ils ont tenu à maintenir la flamme de l’engagement sur le terrain, de la capacité d’indignation et de la protestation citoyenne, là où tout le monde semblait être hypnotisé.

Le pouvoir, confiant, a cru bien faire en les réprimant par l’emprisonnement systématique. C’était l’erreur à ne pas commettre. Les citoyens à Dakar et à Thiès, et peut-être demain ailleurs, ont compris que c’est la goutte d’eau de trop. Comme en pareil cas, c’est le monde universitaire qui, également, dans ce moment précis, a été à l’avant-garde pour la libération du Professeur Babacar Diop.

Un changement est en train alors de s’opérer dans le comportement ou l’engagement citoyen. Désormais, le pouvoir va avoir en face les populations, ces personnes âgées, ces jeunes et ces femmes déterminés à contrôler l’action publique.

Tout indique que la récréation a trop duré. Les discours contradictoires du régime de Macky sur la santé financière d’une société comme la Senelec, les sorties de l’ancien Dg Makhtar Cissé et les annonces de hausse, ont heurté une opinion qui n’a même écouté les explications de l’actuel Dg.

Ce qu’on a compris, c’est que les prix voit augmenter considérablement que les budgets des ménages vont difficilement tenir face à la cherté du loyer où on demande maintenant trois mois d’avance, aux augmentations du carburant, du ciment et à la guerre de l’eau qui nous réserve d’autres surprises avec l’arrivée de Suez.

En effet, avec l’inertie de la classe politique de l’opposition, la domestication de nombreuses organisations de la Société civile, le caractère trop ambivalent du rôle de la presse, Macky a cru.

devoir dérouler, en toute tranquillité, son programme et son agenda cachés.

On ne nous avait jamais parlé de hausse de prix, de nationalisation durant la campagne électorale. Nous ne pouvons pas être les dindons de la farce chargés de prendre en charge des dépenses faramineuses et inutiles d’institutions budgétivores crées à tout-va par un régime soucieux de caser une certaine clientèle politique.

Nous ne pouvons payer pour des erreurs dans la priorisation des projets publics d’envergure et par rapport à l’arrêt ou au ralentissement de programmes. L’Etat n’a qu’à assumer.

Le Ter et autres programmes publics budgétivores demandent d’énormes masses d’argent qui ne sont pas dans les caisses.  Beaucoup de personnalités, notamment des alliés du Président, ont des caisses noires injustifiées. Or, on a déjà trop racketté le citoyen à qui on demande de renouveler les cartes d’identité nationale, les permis de conduire et autres documents à coup de participation financière et en perte de temps.

C’est ce ras-le-bol qui a poussé les populations à sortir. Il appartient alors aux décideurs de revoir leurs politiques et de s’engager résolument à créer les conditions du bien-être des populations.

A défaut, l’année 2020 promet d’être dure.

dakarmatin