Entretien avec … Harouna Demba Seck « les jeunes n’ont pas pu avoir cette capacité de dépassement pour …

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Harouna Demba Seck est l’une des figures de l’Apr à Matam. Originaire de Barga dans la commune de Dabia , Harouna Seck a tot embrassé la politique. Militant de première heure, il est chargé de projet au niveau de l’Agence Nationale pour la Promotion et l’Emploi des Jeunes. Aujourd’hui  il coordonne un festival culturel Solidarité et Développement pour son village natal Barga. Dans cet entretien, Harouna Demba Seck revient sur la situation politique dans la région de Matam notamment les divergences notées au sein de la Convergence des Jeunes Republicains (COJER)

Pouvez-vous nous expliquer la situation de la Convergence des Jeunes Republicains (COJER) departemental de Matam?

Oui, la Cojer départementale de Matam pour sa situation, elle est toujours là, y a pas de changement les jeunes n’ont pas pu avoir cette capacité de dépassement pour pouvoir mettre en place une structure qui est officielle, qui est légalement reconnu par le parti. C’est malheureux pour nous parce que y a la cojer de Kanel qui est très bien organisée avec un coordonnateur. Il y a aussi la cojer de Ranérou où les gens sont très bien réunis, ils se comprennent mais au niveau de Matam la situation politique est très délicate. La jeunesse n’a pas pu se réunir autour de l’essentiel. Donc on n peut pas parler de cojer de Matam on ne peut parler que de jeunes républicains de Matam.

Vue cette situation où se trouve réellement le problème ?

C’est un problème d’égaux je peux dire , un problème de personnalité, de manque de maturité politique, parce que si on était un peu plus mature nous allons pouvoir laisser nos problèmes crypto personnels ou bien des problèmes de clans, de groupe, ou de responsabilité d’être derrière un leader etc. Et avoir cette capacité de dépassement entre les jeunes. Car chacun d’entre nous peut avoir son responsable politique, son guide religieux, sa position politique. Le plus essentiel c’est que nous sommes des jeunes nous avons le même avenir. L’avenir du parti va reposer sur les épaules des jeunes. Donc cette jeunesse doit être plus consciente plus mature pour pouvoir mettre en place une structure légalement constituée. Parce que la situation politique est en train de changer le président de la république a nommé un nouveau coordonnateur au niveau national, c’est une aubaine pour nous nous de saisir l’occasion de dépasser toutes les clivages politiques de mettre en place en place une structure bien organisée.

Pensez vous qu’un jour la cojer aura un coordonnateur ?

Il peut en avoir mais ce sera très difficile, très délicate parce que les jeunes ne sont pas unis, c’est ça la réalité. Ils ont accepté d’être instrumentalisés. A chaque fois qu’on décide d’entamer un processus  de redynamisation de la jeunesse, un processus de structuration il y a des forces et des lobbies extérieurs qui viennent déstabiliser la situation. Et ça effectivement ce sont les jeunes qui l’ont accepté, on ne dit jamais en politique mais il sera très délicat de mettre en place la structure de la cojer  départementale.

Êtes-vous prêt à diriger la cojer départementale ?

Personnellement je n’ai pas d’ambitions pour diriger la cojer. J’ai 35 ans l’âge maximale pou diriger la Cojer, j’ai beaucoup travaillé pour le parti j’ai été là depuis 2008-2009, j’ai coordonné le mouvement  étudiant  jusqu’à sortir de l’université. Aujourd’hui mes ambitions ne sont pas de la Cojer, aujourd’hui ce que je veux c’est d’accompagner les jeunes à massifier le parti et à travailler pour le président de la république, à accompagner le coordonnateur national mais franchement je n’ai pas d’ambition à diriger la Cojer.

Quelles sont les inconvénients de l’absence d’un coordonnateur de la Cojer départementale de Matam ?

Oui les inconvénients sont là. Nous avons une Cojer où aucun jeune n’a été responsabilisée mais  sur le plan politique, y a pas de jeune de Matam ministre, directeur Général, chargé de mission etc y’en a pas. Y a pas de jeune de Matam qui bénéficie des voyages avec le président de la république. L’autre conséquence également est que toutes opportunités que le parti peut avoir au niveau du sommet, la jeunesse de Matam est écartée, on n’a pas de représentant au directoire politique national ou au pole du secrétariat exécutif national, parce que tout simplement on est dispersé. Donc les conséquences sont lourdes. Et si ça continue comme ça dans 3 ou 4 ans le président va finir son mandat et le seul perdant c’est effectivement les jeunesses républicaines.

Moussa Sow le Coordonnateur national va effectuer une tournée nationale, quelle est votre appréciation ou votre point de vue sur ça ?

D’abord je le félicite pour l’initiative, je l’encourage pour l’engagement et la détermination il veut vraiment aller jusqu’au bout  de la confiance que lui a assigné Son Excellence le président de la république. La tournée nationale aura lieu dans toutes les régions  du Sénégal, c’est décider en assemblée générale. Seulement  à mon niveau à la place de cette tournée je l’ai proposé autre chose, à la place de Moussa Sow je l’ai proposé l’organisation de l’université républicaine. Le président Sall a besoin de communiquer avec la jeunesse, avec les militants de son parti ou d’une manière générale les militants de la coalition Benno Bokk Yakaar. L’université républicaine était une grande tribune pour lui de faire passer  toute sa communication aussi bien sur le plan économique et développement de la situation économique et sociale du pays mais également sur le plan politique une communication exiguë et un partage d’information pour ces jeunes, ces cadres et ces militants.

La tournée n’est pas mal on sillonnera le pays on fera tous les départements. La tournée peut être très difficile à organiser, elle sera très difficile d’organiser sur le plan  de la mise en  œuvre du programme du président. Est-ce que les militants vont comprendre le message de la jeunesse quand elle sillonnera le pays. Je parle de la sensibilisation. Ce n’est pas mal comme initiative mais ça aurait être plus pragmatique, plus efficace et c’est la situation actuelle du pays qui le démontre que le président puisse avoir un plateau sur lequel il va vraiment prendre le temps de communiquer avec les sénégalais dans leur majorité. La tournée est lancée nous avons le droit et le devoir d’accompagner le coordonnateur national, de le soutenir et espérons que le message passera pour l’élargissement des bases de l’APR.

On note ces temps ci beaucoup de frustrations dans la région de Matam, selon vous comment la jeunesse va accueillir le coordonnateur ?

J’ai quand même bon espoir que la jeunesse républicaine de Matam accueillera le coordonnateur à bras ouverts. Maintenant en politique il n y a pas d’unanimité, il y a toujours des récalcitrants, des gens qui sont pas d’accord, il y a toujours  cette forte cohésion qui existe. La région de Matam est l’une des rares régions qui ont donné leur feu vert au coordonnateur Moussa Sow.

Dans une vision globale de la chose la jeunesse est engagée et déterminée pour la bonne réussite de la tournée.

Revenons sur l’actualité politique du pays, on note des divergences, des querelles au sein de l’APR, quelle analyse faites vous ?

Oui j lai dit quelque part dans une interview que c’est vraiment décevant et désolant. Dans notre culture les aînés doivent donner de bons exemples. Le Sénégal est un pays de la Téranga où il y a cette forte cohésion sociale. Nous avons un lien socioculturel qui est le socle de notre équilibre social. Si ce sont des aînés du parti qui se bagarrent par presse interposée avec un débat de très bas niveau, c’est vraiment désolant. Je ne suis pas d’accord avec cette forme de communication. Et ça le président a le droit et le devoir de siffler la fin de la recréation.

… mais tout le monde pense que le seul responsable c’est le président

Oui parce que le parti n’a pas été structuré nous sommes dans une armée mexicaine  où chacun a le droit de dire ce qu’il veut et quand il veut sur n’importe quel plateau, pour un État qui se respecte, c’est malheureux. Vraiment nous l’avons dénoncé c’est pourquoi comme  je le disais que le président a besoin d’une tribune de communication.

Propos recueillis par Khadija CISSE