Incendie dans les marchés: Que sont devenues les six mesures de Macky Sall?

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SENKABARU – L’incendie qui s’est encore déclaré lundi à la Salle des ventes de Dakar et qui a tout ravagé sur son passage, n’est guère une surprise pour les autorités, au premier chef, le président de la République, qui avait retenu, à l’issue du Conseil interministériel du mercredi 20 mars 2019, six mesures pour sécuriser les marchés sénégalais contre les incendies. Que sont ces mesures présidentielles devenues ?

L’incendie qui s’est déclaré lundi dernier au parc Lambaye et qui a ravagé le site, n’est guère une surprise pour les autorités, qui étaient informées de la situation dangereuse qui y prévalait et des risques qui y étaient liés.

Pour preuve, lors de l’incendie qui y avait eu lieu le 4 octobre 2020, Alioune Ndoye, le maire de Dakar Plateau en déplacement sur les lieux, déclarait ceci : «Les conclusions des études qui ont été faites, renseignent que ce site est hautement dangereux. Parce que tout ce qui est sur ce site est inflammable. Aussi, il y a des activités à côté qui créent des incendies», avait-il révélé. Non sans rappeler que c’était «l’énième incendie sur ce site».

Avant de tonner : «On ne peut pas continuer» avec une situation pareille. «Il faudrait que nous puissions discuter pour trouver comment gérer certaines activités qui posent problème en plein centre-ville. Les gens sont en train d’exposer leurs vies pour certaines activités dans une capitale», avait-il regretté.

C’est pourquoi, d’ailleurs, il était envisagé de délocaliser le «Parc Lambaye», conformément aux opérations de désencombrement entreprises sous l’égide du ministère de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique. Abdou Karim Fofana, alors ministre, avait, dans ce cadre, instruit le préfet de Dakar, d’adresser des sommations pour faire partir «le plus rapidement possible», toutes les personnes occupant illégalement la voie publique.

Mais l’émotion passée, la vie a repris ses droits comme d’habitude, en attendant qu’un autre sinistre survienne pour jouer au médecin après la mort. Et ce qu’il faut constater pour le déplorer, est que les autorités ne tirent jamais les leçons du passé, parce que lundi dernier, lors de l’incendie qui s’est déclaré à la Salle des ventes, les sapeurs-pompiers avaient comme toujours des difficultés pour le circonscrire à cause de l’absence de bouches d’incendie, mais aussi, de l’accessibilité aux lieux.

Chose d’autant plus impardonnable que les autorités étaient conscientes des dangers encourus en cas de sinistre dans les marchés.

C’est pourquoi, d’ailleurs, un Conseil interministériel a été tenu le 20 mars 2019 et à l’issue duquel le gouvernement avait retenu six mesures pour sécuriser les marchés sénégalais contre les incendies.

Pour la première mesure, l’État a décidé de mettre sur place un programme d’installation de bouches d’incendie dans les marchés. Ceci, pour faciliter l’intervention des sapeurs-pompiers. Un budget de 300 millions FCfa aurait dû être dégagé pour ce faire.

La deuxième mesure, c’était la modernisation des marchés. La consolidation du cadre institutionnel de gestion des marchés fait aussi partie du programme, c’est la troisième décision.

Quatrième mesure : l’État veut aussi faire une évaluation exhaustive des dégâts causés par les incendies des trois derniers marchés touchés (Petersen Touba, Ross Béthio). Cinquièmement, il est prévu le lancement d’un processus pour indemniser les victimes des incendies.

Sixième et dernière décision : le Premier ministre avait aussi demandé l’accélération des programmes de modernisation de certains marchés (Sandaga, Petersen, Tilène…). Mais, il semble aujourd’hui que ces mesures ne sont pas encore suivies d’effet, en atteste le dernier incendie survenu avant-hier, sans compter les marchés Petersen, Tilène, Castors, etc., qui continuent toujours d’être des lieux à haut risque d’incendie. Comme quoi…

Tribune