Indemnisation des victimes d’Habré, l’autre bataille

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SENKABARU – Surnommé chasseur de dictateurs, Reed Brody, ex conseiller juridique de Human Rights Watch, fait partie des architectes du procès de Hissein Habré, décédé dans la nuit du lundi du Covid-19. Il est «touché par la mort de Habré».

«C’est une journée triste. C’est toujours triste la mort de quelqu’un. Il a été condamné pour les pires crimes, mais c’est vraiment triste. Par ailleurs, l’histoire retiendra qu’il a été condamné pour des milliers d’assassinats, pour torture systématique et pour avoir envoyé des femmes comme esclaves sexuelles», explique l’ancien procureur à New York.

Mais le combat de l’indemnisation des victimes de la répression de l’ancien Président tchadien doit continuer, à l’en croire. Il dit : «Ses victimes meurent chaque jour alors qu’elles n’ont pas été indemnisées. Ce n’était pas de la revanche pour elles parce qu’elles ne sont pas heureuses de son décès…

Mais c’était pour la justice.» Evidemment, les 7 396 personnes identifiées comme victimes du régime «dictatorial» de Habré devaient recevoir 82 milliards de francs Cfa d’indemnisation.

En plus, les Cae avaient mandaté un Fonds fiduciaire de l’Union africaine pour lever de l’argent en recherchant les avoirs de Habré et en sollicitant des contributions volontaires. Bien que l’Ua ait adopté le Statut du Fonds fiduciaire en 2017 et alloué 5 millions de dollars au Fonds, celui-ci n’est toujours pas opérationnel.
Le Quotidien