La victoire du conservateur Kaïs Saïed à la présidence tunisienne est lourde d’interrogations

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La Tunisie vient de décider sereinement, par la seule voie des urnes, de relancer son chantier de la « révolution » qui s’était embourbé ces dernières années. Si une leçon de l’élection présidentielle du dimanche 13 octobre devait être retenue, c’est bien celle-là : la victoire écrasante de Kaïs Saïed, 61 ans, enseignant en droit constitutionnel à l’allure ascétique, est une réplique sismique du fameux « printemps tunisien » de 2011. Selon des estimations encore provisoires, M. Saïed, en faveur duquel une jeunesse en quête de changement s’est massivement mobilisée, recueillerait entre 72 % et 77 % des suffrages exprimés. Le triomphe est sans appel. Plus de huit ans après la chute de la dictature de Zine El-Abidine Ben Ali, prélude à la vague des « printemps arabes », la Tunisie se dote d’un chef d’Etat qui prétend réactiver le message de 2011, quelque peu tombé en déshérence : « pouvoir au peuple », justice sociale, moralisation de la vie publique.

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