L’assassinat de Farmata Moctar Ndiaye Samba Sow à la barre, trois ans après

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C’était il y a plus de trois ans. Le 19 novembre 2016, à la veille du grand Magal. Pendant que les fidèles commençaient à rallier la cité religieuse du fondateur du mouridisme, le pays tout entier était tétanisé par l’annonce de la mort, dans des conditions atroces, de Fatoumata Moctar Ndiaye, vice-présidente du Conseil économique social et environnemental (CESE) et responsable politique de premier plan du parti au pouvoir, dans la ville de Pikine. Elle avait été égorgée dans sa chambre, et le principal suspect fut son propre chauffeur, un certain Samba Sow. Son fils, qui était venu à sa rescousse, en avait également pris pour son grade. Il avait été violemment poignardé dans la poitrine.

Le mobile du crime serait financier

Trois ans après ce crime hideux, le procès s’ouvre ce mardi 7 janvier 2020 à la chambre criminelle de Dakar. Le présumé meurtrier, poursuivi pour assassinat, va, pour la première fois, s’expliquer publiquement sur les faits qui lui sont imputés.

Le mobile de ce crime serait financier. Samba Sow est soupçonné d’avoir voulu voler l’argent à sa patronne. Mais mal lui en a pris d’autant qu’il a été démasqué sur le feu de l’action. Sachant que les carottes étaient déjà cuites pour lui, il a préféré utiliser la violence. Le présumé, qui devait se marier la semaine qui a suivi les faits, a été arrêté quelques heures après la commission de son acte.

Dans un premier temps, il avait tenté de nier les faits mais, pressé de questions par les éléments du commissariat de Pikine, il avait fini par passer aux aveux. Ce crime avait consterné toute la République. L’indignation était à son comble.

L’arme du crime a été saisie

Le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye avait, le même jour, tenu une conférence de presse pour se prononcer sur cette affaire tragique. Il avait expliqué la progression de l’enquête. Des constations et prélèvements ont été effectués. L’arme du crime a été saisie. Toujours dans ses explications, Serigne Bassirou Guèye affirmait que cette affaire ne restera jamais impunie.
Car, à son avis, le ministère public s’emploiera à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur parce qu’il s’agit de faits d’une gravité extrême que le code pénal punit en son article 287 de la peine des travaux forcés à perpétuité. Selon lui, le jugement de tels comportements criminels passe nécessairement par l’instruction que la loi rend obligatoire en la matière.

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