Lettre ouverte d’un enseignant au président de la république Macky Sall par (CHEIKH BAMBA SENE AHMADA)

0

 

 

Monsieur le président,

Dans un contexte de crises et d’emeutes où la population toute entière ,embrouillée voulut se débarasser de votre mentor politique ,vous avez été choisi, de ce fait ,nous aurions esperé que la rupture tant chantée par vous et vos compères serait une réalité.

M le président ,le hasard n’existe pas et c’est le destin qui vous a élu dans des moments où les urgences du pays attendaient ardemment d’être résolues donc une introspection s’impose.

 

Pourquoi vous et non les autres ?

 

Parce qu ‘il devrait émaner de vous, père de la nation les remèdes aux difficultés auxquelles le pays fait face étant donné que dans l’au delà, tout dirigeant justifiera les responsabilités qui lui ont été confiées.

 

Le système éducatif marche à reculons et vous devez en être conscient. Oui ! car, s’il est vrai que « gouverner c’est prévoir  » , vous aurez dû savoir que la tâche a bien changé et qu’elle devient de plus en plus difficile,mais l’éducation n’a pas de prix et elle mérite plus de circonspection.

Le nombre croissant d’écoles nécessite un nombre suffisant d’enseignants qui sont actuellement au nombre de 97 000 , et d’énormes moyens doivent être investis pour de meilleures conditions de vie de ces derniers qui sont la quasi totalité des fonctionnaires de notre pays et malheureusement les moins considérés.

 

Un Sénégal qui émerge ne mérite pas à l’ orée du troisieme millénaire les scabreuses conditions que l’école est entrain de vivre telles que les abris provisoires, des élèves assis à même le sol sillonant des kilomètres à pieds pour aller à l’école. Les enseignants sont victimes d’injustices ,des lenteurs administratives ,des indemnités cinq fois inférieur aux autres agents et je m’en arrête là pour ne pas sombrer dans la comparaison car peu importe la valeur et la place qu’occupent ces agents, ils ne feront jamais assez pour payer leurs enseignants .

 

M le président, nous sommes déçus de voir que c’est durant votre règne que des éducateurs ont été convoqués à la police, menacés de radiations, ponctionnés,stigmatisés. C’est au même moment où vous parlez d’excellence, au même moment que des enseignants etaient primés ,c’est désolant que ça soit à la même période que le système qui a fait de vous ce que vous êtes devenu soit cacochyme .

 

Nous ne réclamons pas l’utopie mais nous vous rappelons que  » Chose promise, Chose dûe ».

Vous nous aviez demandé d’arrêter les grèves en 2012 et nous avions espoir que vous seriez l’homme qui réconcilierait un système perturbé avec ces vaillants soldats qui arpentent d’énormes embûches pour une éducation de qualité.

 

Les accords de 2014 n’ont pas jusque là été respectés, ce qui est à l’origine des crises intempestives que le système éducatif Sénégalais est entrain de traverser et dont les conséquences peuvent être désastreuses.

M le président, il n’est pas évident de vous dire que l’école est une institution qui implique la participation de tous. Vous devez donc trouver une solution face à cette situation inquiétante et inhérente à tout système éducatif.

L’heure est à la reconstitution d’un système solide ou l’excellence sera la priorité du gouvernement . Il faut que l’école soit prise au sérieux et pour cela, il faut qu’il y ait un dialogue avec les principaux acteurs car la réussite d’une nation passe nécessairement par le biais de l’éducation.

 

Notre réquisitoire est loin d’etre exhaustif et celà temoigne des énormes maux dont souffre le système éducatif sénégalais.

 

M le président,Recevez mes cordiales salutations et comprenez en ces propos qu’ils sont loin d’être des reproches vis-à-vis de votre personnalité, mais une remémoration venant de cet enseignant soucieux de l’avenir de l’éducation de son pays et anxieux de la voir perdre sa crédibilité.

 

CHEIKH BAMBA SENE AHMADA

Professeur de francais au CEM de Thilogne(Matam)