Macky Sall au Sommet de Paris: « L’Afrique a besoin d’accéder aux marchés de capitaux, à des coûts soutenables»

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Dans son intervention lors du Sommet de Paris ce mardi sur le financement des économies africaines, le chef de l’Etat sénégalais Macky Sall, a plaidé pour une « réforme » en profondeur de «la gouvernance économique et financière mondiale », pour permettre à l’Afrique « d’accéder aux marchés de capitaux à des coûts soutenables ».

Pour le Président Macky Sall, les attentes de cette rencontre dépassent une simple aide à la relance des économies africaines éprouvées par la pandémie de Covid-19. « Au-delà des solutions conjoncturelles, l’Afrique a surtout besoin d’une réforme de la gouvernance économique et financière mondiale, avec des mécanismes innovants, nous permettant d’accéder aux marchés de capitaux à des coûts soutenables et selon des maturités adaptées aux actifs à financer. C’est une nécessité vitale pour nos économies. Autrement, tous les efforts d’émergence resteront vains », a déclaré Macky Sall devant ses pairs. Il ajoute : « Nous sommes à l’étape du processus de développement où, à l’image d’un avion prêt à décoller, qui met plein gaz, nous devons mobiliser toutes les ressources disponibles pour amorcer l’émergence ».

Car, selon le chef de l’Etat sénégalais, « partout en Afrique, les besoins sont nombreux et urgents, et l’Etat doit encore beaucoup faire, surtout en matière d’infrastructures de base, exploitables sur le long terme, et qui demandent des financements lourds ». S’y ajoutent, d’après lui, les dépenses incompressibles en matière de sécurité et d’adaptation au changement climatique.

Pour lui, trois obstacles majeurs plombent tous nos efforts. Il s’agit, du « plafonnement de l’endettement (à 70% du PIB pour les pays membres de l’Uemoa) » du « seuil de 3% du déficit budgétaire à ne pas dépasser » et du « coût élevé des primes d’assurance, à cause d’une perception exagérée du risque d’investir en Afrique, alors même que pour nombre de pays africains, ce risque n’est guère plus élevé qu’ailleurs ».

« Réforme urgente des règles »

Sur ces trois points, le président de la République dit être en faveur d’une « réforme urgente des règles », notamment celles de l’Ocde sur les conditions d’octroi des crédits export. « On ne peut pas appliquer les mêmes standards à des pays à forces et besoins inégaux. Nous voulons un assouplissement des règles de plafonnement de l’endettement et du déficit budgétaire, et une correction de la perception du risque d’investissement en Afrique, pour une notation plus juste, et donc des coûts de primes d’assurance moins élevés », dit-il.

Macky Sall a, par ailleurs, salué les efforts qui seront confortés par l’allocation prochaine de nouveaux DTS, à hauteur de 650 milliards de dollars $US, dont 33 milliards destinés à l’Afrique. « Mais face à l’impact profond de la crise, ces mesures restent insuffisantes », a fait savoir le Président Sall, qui indique qu’à titre d’exemple, rien que pour les pays africains à faible revenu, le FMI estime le besoin de financement additionnel, entre 135 et 205 milliards de dollars d’ici à 2025.

« Je lance un appel aux pays du G20, qui recevront plus de 2/3 des nouvelles allocations de DTS, afin qu’ils réallouent leurs quotas en appui aux efforts de relance des pays africains, sous forme de dons, de prêts concessionnels et semi-concessionnels à longue maturité », a notamment demandé. Il est convaincu que c’est ce paquet de réformes qui facilitera « l’accès de nos pays aux ressources nécessaires au financement de leurs efforts de relance et d’émergence ».

Soleil