Nigeria: des dizaines de personnes tuées par des « bandits » au cours du weekend

0

Des hommes armés ont tué des dizaines de personnes, dont 11 membres des services de sécurité, dans deux attaques menées au cours du weekend dans le centre et le nord du Nigeria, ont déclaré les autorités locales.

Le centre et le nord-ouest du Nigeria sont depuis des années le théâtre de gangs criminels, appelés localement « bandits« , qui attaquent les villages, volent le bétail, pillent et tuent les habitants. Ces derniers mois, les violences se multiplient.

Ces deux attaques surviennent peu de temps après l’appel du président Muhammadu Buhari à une répression plus dure de l’armée contre les gangs, récemment désignés comme « terroristes » par le gouvernement.

Lors de la première attaque menée samedi, plus de 100 hommes armés circulant à moto ont attaqué la localité de Galadiman Kogo, dans le district de Shiroro, a affirmé le gouverneur de l’Etat du Niger (centre) Sani Bello dans un communiqué.

« Les terroristes, au nombre de plus de 100, auraient envahi la localité en plein jour, tuant 11 membres de l’unité opérationnelle des forces de sécurité et plusieurs villageois, et blessant beaucoup d’autres », a déclaré M. Bello.

« Nous avons vraiment épuisé notre patience avec les terroristes et nous utiliserons tous les moyens possibles pour mettre fin à ces attaques sanglantes et incessantes contre des innocents », a poursuivi M. Bello.

De nombreux assaillants ont perdu la vie dans les affrontements avec les forces de sécurité, a-t-il indiqué. Des centaines de villageois ont également dû fuir leur foyer, trouvant refuge dans les villages voisins.

Le gouverneur a annoncé de « vastes opérations militaires » imminentes, approuvées par le président Muhammadu Buhari, dans trois districts où se réfugient les bandits.

Lors d’une deuxième attaque distincte menée dimanche, des hommes armés ont attaqué le village de Kurmin Masara, dans le district à majorité chrétienne de Zangon Kataf, tuant 11 civils et incendiant plus de 30 maisons, a affirmé Samuel Aruwan, commissaire à la sécurité intérieure de l’État de Kaduna (nord).

Selon le communiqué, plusieurs villageois ont été blessés par balles.

Les assaillants ont tenté de s’en prendre aux forces spéciales déployées sur place pour mettre fin aux violences, mais l’embuscade a été déjouée, a déclaré M. Aruwan.

Le président Buhari, dont le deuxième et dernier mandat prend fin l’année prochaine, est sous le feu des critiques pour son incapacité à mettre fin aux attaques de bandits.

Jeudi, M. Buhari a assuré aux communautés assiégées par les bandits qu’il était « plus que jamais déterminé à se débarrasser de ces hors-la-loi », affirmant que l’armée était « bien équipée pour affronter efficacement ces ennemis de l’humanité ».

Pour l’heure, les opérations militaires ainsi que les amnisties n’ont pas pu endiguer les violences.

Selon les analystes, les possibles alliances entre les bandits et les jihadistes du nord-est, qui y mènent une insurrection vieille de 13 ans, sont une source d’inquiétude croissante.